A
Le test en aveugle
deux lectures de ce matin, sans les signes : l'une est la tienne
En 1985, on a demandé à des astrologues d'apparier des thèmes natals à des profils de personnes. Ils ont fait, en moyenne, ce qu'aurait fait le hasard. Aucun site d'astrologie ne s'est jamais appliqué ce test à lui-même — celui-ci le fait tous les jours, et publie le résultat en dessous, quel qu'il soit.
Laquelle de ces deux lectures est celle de ton signe, aujourd'hui ?
B
Les noms de signes sont masqués dans les deux textes (·····). C'est le cœur du test : un texte qui annonce « Soleil en Lion » ne serait pas reconnu, il serait étiqueté — et ce n'est pas la même chose.
Une partie par jour est comptée — la première. Rien n'empêche de rejouer pour voir, mais ça ne compte plus : connaître la réponse fausserait le chiffre.
Ce que ce test mesure vraiment
Il ne mesure pas si l'horoscope est vrai. Il mesure une chose plus étroite, et plus intéressante : est-ce que le texte écrit pour ton signe te ressemble plus que celui écrit pour un autre ? Si la réponse tourne autour de cinquante, ça veut dire que nos douze textes du matin se valent tous pour tout le monde — autrement dit, qu'ils parlent d'être humain et pas de zodiaque.
Ce serait une mauvaise nouvelle pour l'astrologie, et pas forcément pour ces textes-là : ils sont écrits pour être utiles, pas pour être devinés. Mais nous préférons que ce soit toi qui en décides, avec le chiffre sous les yeux.
Ce que ce n'est pas
Ce n'est pas une expérience. Les personnes qui jouent se choisissent elles-mêmes, rien ne les empêche de recommencer, et personne ne vérifie le signe qu'elles déclarent. Une vraie étude en double aveugle demanderait des centaines de parties, un protocole, et quelqu'un pour le tenir. Prends ce nombre pour ce qu'il est : une curiosité publique, pas une preuve.
Et le masque ne cache pas tout. Un texte peut se trahir sans se nommer : « le Soleil brille dans ton signe » ne cite aucun signe et désigne pourtant la saison en cours. Ces textes-là sont plus faciles à retrouver, une fois sur douze, et ils gonflent un peu le chiffre. On préfère l'écrire que de charcuter les phrases : à force de masquer, on finirait par comparer deux textes à trous.
Et comme partout ici : rien n'identifie qui joue. Le compteur reçoit un mot, « trouvé » ou « raté », et la table n'a aucune colonne où ranger autre chose.
D'où vient l'idée
De deux endroits. Le premier : l'expérience de Shawn Carlson, publiée dans Nature en 1985, qui reste la critique la mieux construite qu'on ait faite à l'astrologie. Le second : l'effet Barnum — la tendance à se reconnaître dans un portrait assez vague pour convenir à n'importe qui. Les deux disent la même chose sous deux angles, et notre page de justesse ne les regardait pas en face.
Ces deux travaux, et les deux autres qui décident de la question, sont désormais exposés en entier — avec leurs réserves, dont une qui conteste Carlson en faveur de l'astrologie. S'appuyer sur des études qu'on ne montre nulle part, c'est encore demander qu'on nous croie sur parole.
Ce que le site vaut Ce qu'on sait de l'astrologie Les douze lectures du jour Par où commencer ?