Votre signe, c'est votre Soleil. Le reste
demande votre date de naissance, et parfois votre heure. Ces pages calculent tout dans
votre navigateur : rien n'est envoyé, il n'y a ni formulaire reçu, ni base où le
ranger.
Soleil, Lune, Ascendant, Vénus, Mars — ce qu'on appelle un
thème natal. Chaque point dit une chose : comment vous vous apaisez, comment vous
aimez, comment vous arrivez dans une pièce. Vous y trouverez aussi la date de vos
prochains retours, solaire et de Vénus, et de quoi les poser dans votre
agenda.
Et parce qu'un thème natal est une photographie qui ne bougera
plus alors que le ciel, lui, continue de tourner au-dessus, la même page mesure
l'angle exact entre les astres de cette minute et les points de votre
naissance, avec l'heure où il tombe juste et combien de temps il dure —
puis elle vous demande si ça vous a parlé. Au bout de quelques semaines, elle vous dit
lesquels vous parlent. C'est aussi là qu'est votre espace : on y entre
avec une adresse et un mot de passe, et votre naissance n'y monte que chiffrée —
c'est ce mot de passe, jamais vu par le serveur, qui la déverrouille sur vos autres
appareils.
Tous les sites promettent des « calculs précis ».
Celui-ci donne le chiffre : nos positions comparées à celles du JPL et de
l'Observatoire de Paris, sur trois cents instants tirés au hasard entre 1900 et 2050,
recalculées sous vos yeux. On y explique aussi pourquoi notre Lion
n'est pas la constellation du Lion.
Beaucoup de gens ne connaissent pas leur heure de
naissance : le document manque, la famille ne parle plus, on a été adopté·e.
Les autres sites la réclament jusqu'à ce qu'on parte. Celle-ci montre les
douze ascendants que votre journée a portés, combien de temps chacun a duré, et
tout ce que l'heure ne change pas — c'est-à-dire presque tout.
Le Soleil était-il levé ou couché quand vous êtes né·e ? Une
seule question, et la moitié d'un thème change de sens. C'est le vrai classement de
l'astrologie ancienne — celui que les magazines ont remplacé par des planètes
« masculines » et « féminines ».
Soixante-quatorze vies queers ont, elles aussi, un ciel de
naissance. Le vôtre ressemble davantage à certains qu'à d'autres — et vous partagez
peut-être votre Lune avec bell hooks ou Alan Turing. Demande
votre espace.
La question qu'on tape à minuit quand une ex réapparaît. Six
semaines tous les dix-huit mois, et c'est le seul transit dont tout le monde parle
en amour — bien plus rare que celui de
Mercure, et plus long d'un coup. Les dates sont calculées, pas recopiées. La
page ne prédit aucune rupture : elle dit ce qui se passe dans le ciel, et vous
laisse décider de ce que ça vaut.
Le crush de samedi, l'ex devenue une sœur, votre mère,
votre binôme. Vos deux ciels redemande une date,
une heure et une ville à chaque visite : ici, on les saisit une fois.
Chaque personne gardée affiche ses astres et sa note avec votre ciel, et leurs
naissances montent chiffrées, comme la vôtre. Demande
votre espace — c'est ce qui permet à la
liste de vous suivre d'un appareil à l'autre.
Votre date de naissance, vous ne l'avez pas choisie. Il y en a
peut-être une autre : le jour de votre prénom, de votre coming out, de votre départ.
Cette page calcule le ciel de ce jour-là et le pose à côté du premier.
Ce qu'est un signe, sans les clichés — et ce qu'on lui
répète à tort. Une page par signe ; celle-ci est celle du Lion, changez le mot
dans l'adresse pour le vôtre.
Ce que veulent dire le Soleil, la
Lune, l'ascendant,
Vénus et Mars — et ce qu'ils deviennent dans
chacun des douze signes : « Vénus en
Scorpion », « ascendant Lion ».
Soixante pages qui se lisent sans donner sa date de naissance.
Six ou sept personnes par signe, ce qu'elles ont fait et ce que
ça leur a coûté. Personne n'est sorti du placard ici : n'y figurent que celles
qui l'ont dit elles-mêmes, ou dont la vie est documentée depuis longtemps.